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Les p'tits Babadins et la journée de l'autisme

01-04-2020

Autour de l’autisme, deux images extrêmes s’opposent, faisant fi de l’hétérogénéité des cas :
De la personne en souffrance portant un casque pour ne pas se blesser au petit surdoué.
Le mot est passé dans le langage courant, on dit de quelqu’un qu’il est autiste lorsqu’il est « dans son monde ».
Des films sont fréquemment diffusés sur ce thème, on pense bien sûr à Ran Man (1998) avec Dustin Hoffman et au tout dernier Hors Normes (2019) de Eric Toledano et Olivier Nakache.
Mais sait-on vraiment ce qu’est l’autisme ?
Suivez-nous pour un petit tour d’horizon des symptômes de ce trouble du neurodéveloppement, des précautions à prendre avant d’évoquer l’autisme, et enfin de la nécessaire prise en charge précoce.

Un trouble du neurodéveloppement

L’autisme est « un trouble, une particularité neurologique caractérisée par un repli sur soi-même, une perte de contact avec la réalité et une difficulté à communiquer avec autrui ».

Ce trouble du neurodéveloppement très précoce se manifeste avec différentes intensités de sévérités, d’une personne à l’autre et chez une même personne au cours du temps.

Vous entendrez de plus en plus parler de troubles du spectre autistique (TSA).

Quelle est la différence entre l’autisme et les troubles du spectre autistique TSA?

Les différentes formes d’autisme (trouble autistique, syndrome d’Asperger – une forme d’autisme sans déficience intellectuelle ni retard de langage, l’autisme infantile ou atypique) sont regroupées sous l’appellation TSA.

Si le terme TSA tend à remplacer « autisme » c’est précisément pour mettre l’accent sur :

  • La spécificité des troubles du développement social
  • La grande variété des symptômes individuels

En effet, les TSA englobent une telle variété d’autismes que certains enfants souffrent d’autres troubles associés à :

  • Des manifestations comme les troubles du sommeil ou de l’alimentation, problèmes psychiatriques (anxiété, dépression)
  • D’autres troubles du neuro développement : problèmes d’apprentissages, de l’attention…
  • Des pathologies telles que l’épilepsie, certaines maladies génétiques (trisomie 21…)

Alors que l’autisme « seul» se manifeste par des troubles de la communication et du comportement plus ou moins importants mais sans retard mental. Un langage peut alors se développer.

Nous avons insisté sur ce point : les manifestations des TSA varient beaucoup d’une personne autiste à l’autre. Cependant elles ont des caractéristiques communes.

Il existe 3 niveaux de symptômes caractérisant systématiquement les TSA :

  • Altération qualitative des interactions sociales
  • Altération qualitative de la communication
  • Comportements et intérêts restreints, répétitifs et stéréotypés.

Source du schéma : https://www.planeteautisme-dromeardeche.fr/definitions.php

A la fois isolés et sensibles au monde extérieur
C’est un paradoxe : les autistes semblent isolés dans un monde intérieur, et pourtant ils peuvent être extrêmement sensibles au monde extérieur.
C’est ce que l’on appelle l’hypo ou l’hyper sensibilité.
Il peut s’agir d’aversion : certaines odeurs, le bruit peuvent être ressenties comme très agressifs, ou à l’inverse d’un intérêt pour les lumières qui scintillent, le contact de certaines textures…

Précautions à prendre avant de dire d’un enfant qu’il est autiste.

C’est en 1943 qu’apparait le terme autisme infantile (pédopsychiatre L. Kanner).

Comme nous l’avons vu, les autistes peuvent trouver difficile d’établir des liens avec les autres, ils peuvent avoir de la difficulté à communiquer, des problèmes avec les interactions sociales, comportements répétitifs et un intérêt limité dans les activités.

Mais un seul trait ne permet pas d’évoquer l’autisme.

Il est important de prendre en compte l’ensemble du profil de l’enfant, et primordial d’écarter toutes les pistes avant de parler de TSA (bilans ORL, ophtalmologiste, psychomoteur, orthophonique, psychologique).

A l’inverse, la manifestation ponctuelle d’un comportement social adapté n’exclut pas le diagnostic d’autisme.

À partir de quand peut-on diagnostiquer l’autisme ?

Selon le degré de sévérité de l’autisme, les troubles apparaîtront plus ou moins tardivement.

« Certains enfants vont présenter des symptômes autistiques très tôt dans leur développement ou un retard global de développement, ce qui alertera les parents et souvent les éducatrices du milieu de garde. D’autres enfants n’ont pas de retard langagier ou moteur ce n’est qu’à l’école que les symptômes peuvent devenir manifestes ». (Cenop Canada).

Il peut également arriver que certains bébés se développent normalement et régressent vers 1 an ou 2 ans (régression dans les gestes, perte de la parole ou du babillage…).

Pour les troubles se manifestant tôt, un dépistage est possible dès 18 mois et une suspicion dès 12 mois.

Cependant, même si certains comportements peuvent attirer l’attention comme un enfant trop calme, ou en apparence indifférent aux personnes qui l’entourent, ou qu’il ne répond à pas son nom, ne regarde pas dans les yeux, ne babille pas, ne pointe pas du doigt pour exprimer une demande, n’essaie pas de répéter les mots…prudence avant d’évoquer l’autisme !

Les enfants traversent tous des phases du développement « étranges » qui peuvent s’apparenter à des troubles autistiques ou autres.

En psychologie du développement on évoque un trouble chez l’enfant quand le comportement suspicieux est observé depuis plus de 6 mois.

Que faire en cas d’inquiétude ?

À partir de l’inquiétude des parents ou des professionnels de la petite enfance concernant le comportement de l’enfant, il faut consulter le médecin généraliste, le pédiatre ou la PMI.
Si un éventuel TSA est dépisté, l’enfant est orienté vers un spécialiste : pédopsychiatre, psychiatre, neurologue…

Ces professionnels formés et expérimentés travaillent soit en libéral soit dans des services tels que les CRA (Centres Ressources Autisme), CAMSP (Centres d’action médico-sociale précoce), CMPP (Centres médico-psycho-pédagogiques), CMP (centres médico-psychologiques), ETADA (Équipe Territoriale d’Appui au Diagnostic de l’Autisme)…

Ce sont eux qui confirmeront ou non le diagnostic d’autisme.

Il est essentiel de repérer et de tenir compte de ses particularités pour accompagner au mieux l’enfant.

Les p’tits Babadins, des micro-crèches inclusives

Le trouble autistique touche entre 1 et 2% de la population.

En l’état actuel de nos connaissances, il n’y a pas de traitement.

« Au stade actuel, on ne « guérit » pas l’autisme mais on peut notablement améliorer la trajectoire développementale, car des modes d’accompagnement fondés sur des méthodes éducatives et comportementales permettent de réduire les manifestations des troubles et rendent souvent possible une inclusion durable dans la vie sociale et professionnelle. A l’inverse, en l’absence de soins pertinents, le risque de « sur-handicap » est élevé, avec parfois l’entrée dans une sorte de « cercle vicieux », les comportements dits « problèmes » mettant les familles ou les établissements d’accueil en échec, ce qui induit ensuite des prises en charge très lourdes dans la durée. »

(Rapport de la cour des comptes : Évaluation de la politique en direction des personnes présentant des troubles du spectre de l’autisme. Décembre 2017).

Les micro-crèches Les P’tits Babadins accueillent les enfants avec ou sans troubles du neurodéveloppement, pour qu’ils apprennent à vivre ensemble, et ce avec une prise en charge spécialisée pour les enfants présentant des troubles du neurodéveloppement.

Notre rôle en tant que professionnel de la petite enfance est d’aider au mieux ces derniers à évoluer dans l’environnement naturel et s’appuyer sur leurs pairs neurotypiques, pour qu’il puisse adopter des comportements en adéquation avec la collectivité.

Plusieurs stratégies éducatives mises en place permettent d'améliorer les symptômes des TSA.

Notre projet s’inscrit dans les recommandations de bonnes pratiques de la Haute Autorité de Santé qui préconise un accompagnement éducatif le plus précoce possible basé sur la sociabilisation.


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